Les prix mondiaux du gaz s'envolent : Europe +56 % par rapport à la semaine précédente, Asie +46 % par rapport à la semaine précédente, Chine CFR +86 % par rapport à la semaine précédente
TIl L'impact du conflit géopolitique sur les prix mondiaux du gaz se fait sentir à un rythme alarmant. Pour la semaine se terminant le 6 mars 2026, les trois principaux indices de référence mondiaux du gaz naturel ont enregistré les hausses hebdomadaires suivantes : le TTF européen a progressé de 56,3 %, le JKM est-asiatique de 46,5 % et le prix du GNL CFR chinois a bondi de 86,8 %. Parallèlement, le prix du Henry Hub américain a légèrement reculé de 3,5 %, illustrant les divergences entre les marchés régionaux.
Cette nouvelle flambée des prix résulte d'un double choc : premièrement, la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du GNL mondial (dont plus de 80 % sont destinés aux marchés asiatiques et plus de 10 % aux marchés européens) ; deuxièmement, l'arrêt complet de la production de QatarEnergy suite aux attaques.
L'analyse de Goldman Sachs suggère que, pour compenser l'important déficit d'approvisionnement, les prix du gaz en Europe doivent rester élevés pendant une période prolongée afin de déclencher des mécanismes de substitution du gaz au pétrole. La fourchette de substitution se situe actuellement entre 55 EUR/MWh (fioul) et 80 EUR/MWh (distillat), les prix actuels du gaz se situant désormais pleinement dans cette fourchette.
Sur le marché chinois, les prix du GNL importé (CFR) ont bondi de 86,8 % en une semaine pour atteindre 4,9 RMB par mètre cube, tandis que les prix du GNL domestique départ usine ont également progressé de 20,5 % pour s'établir à 2,9 RMB par mètre cube. En 2025, les importations de GNL du Qatar représentaient 6 % de l'approvisionnement total de la Chine en gaz naturel ; cette interruption d'approvisionnement aura donc un impact direct sur la structure des importations chinoises.
La transmission des prix est déjà perceptible au niveau industriel. Goldman Sachs signale les premiers signes d'une érosion de la demande de gaz naturel industriel sur certains marchés émergents d'Asie, tandis que la production d'électricité à partir de gaz en Europe a augmenté de 8,2 % en une semaine afin d'équilibrer l'offre et la demande.











